Quels sont les thèmes qui surviennent dans la partie «Aspects généraux»?

Dans la première partie, il s’agit principalement de couvrir les connaissances de bases pour une meilleure compréhension de l’administration publique en Suisse.

Le premier chapitre dévoile comment l’Etat et l’administration en Suisse se sont développés ainsi que comment le cadre et l’organisation des performances publiques sont à comprendre. Le système d’administration suisse est ensuite discuté dans un contexte de comparaison internationale en mettant en avant la question d’avec quels autres pays notre système est le plus comparable. La science du travail administratif est discutée dans un troisième chapitre. Ici, il s’avère, qu’une toute autre perspective d’approche au travail est utilisée de nos jours. Le quatrième chapitre est consacré au multilinguisme de l’administration fédérale qui est particulièrement important pour la cohésion intérieure et qui pourrait être intéressant pour d’autre pays multilingue. Le dernier chapitre se voue au développement de l’organisation administrative et aux idées fondamentales et traite les concepts de la bureaucratie, de la nouvelle gestion publique et de la gouvernance.

Quelles constatations surviennent de votre partie? Y a-t-il des surprises?

Le plus surprenant est sûrement que l’administration en Suisse, malgré la déploration constante de la résistance à la réforme, peut être définie comme progressive et orientée vers la performance et les citoyens, dans plusieurs aspects. Le secteur d’Etat est relativement petit, il existe des relations perméables entre le secteur public et privé et les exigences d’une organisation administrative moderne sont gentiment transposées.
Chaque chapitre révèle bien sûr de manière plus concrète des constatations et des aperçus intéressants qui ne seront pas détaillés ici. Les indications que la concentration principale des activités de l’Etat serait décalée vers les cantons sont digne de mention, ainsi que la forme hybride des traditions administratives en Suisse en comparaison avec d’autres pays – surtout les différences claires avec celles de l’Allemagne. L’établissement des sciences de l’administration qui, aujourd’hui, dépassent la jurisprudence ainsi que la nécessité de voir la direction administrative moderne en tant que processus d’apprentissage continu doivent également être soulignés. 

Pouvez-vous tirer des conclusions pour l’avenir?  

Lorsqu’on se passe les développements et les changements de la dernière décennie en revue, la dynamique qui a guidé le secteur public nous devient claire. Beaucoup a changé et les défis ont évolué. Remis en question sont les capacités d’adaptation dans un monde changeant – on pense ici par exemple à l’importance grandissante de l’aspect international – ainsi que la réception et l’amélioration des services proposés. Des réformes seront également nécessaires dans le futur mais nous ne pouvons pas oublier qu’une phase de changement, dans laquelle on peut également tirer à côté ou au-dessus du but, est suivie d’une période de réflexion et consolidation. Ce manuel, avec ses sept parties, devrait contribuer à ceci.

Interview avec:

Andreas Ladner, professeur ordinaire d’administration suisse et de politiques institutionnelles à l’IDHEAP, Institut de hautes études en administration publique de l’Université de Lausanne.

Les questions ont été posées par la webmaster Michelle Geiger.

Lisez le mois prochain l’interview avec Frédéric Varone sur la deuxième partie du livre «Structures et organisations administratives».

Sur le livre:

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Andreas Ladner, Jean-Loup Chappelet, Yves Emery, Peter Knoepfel, Luzius Mader, Nils Soguel et Frédéric Varone (Eds) (2013). Manuel d’administration publique suisse. Lausanne: PPUR. ISBN 978-2-88074-805-0.