Les assurances sociales et la manière dont un Etat les organise sont primordiales non seulement pour le bien-être des citoyens, mais aussi pour la force économique d’un pays. L’évolution de celles-ci est la raison même de l’état social : Trop peu de générosité, et les citoyens ne prennent pas de risques, ou l’injustice sociale gagne le pays. Trop de générosité, par contre, et l’Etat – et là, il s’agit de nous tous - est rapidement menacé de faillite.

Cet équilibre est toujours instable, car il dépend grandement des changements sociaux, économiques et politiques des pays. Dans les décennies passées nous avons vécu de tels changements fondamentaux – notamment le vieillissement de la population, la globalisation avec les effets de la tertiarisation et de la migration, mais aussi le développement médical qui nous permet de plus en plus de trouver une solution médicinale à une bonne partie des problèmes de santé individuels.

Aujourd’hui, de plus, nous nous trouvons en face d’une crise des dettes des états – en Suisse un peu moins qu’ailleurs. Depuis sa fondation, Avenir Suisse a non seulement réfléchi à toutes ces questions, mais a publié de nombreuses études dont vous trouverez ci-dessous un très court résumé de cinq d’entre elles qui peut également être consulté sur le site Internet d’Avenir Suisse (www.avenir-suisse.ch).

Dans un contexte de crise de la dette souveraine et des déficits budgétaires, la plupart des pays européens réforment au pas de charge leurs régulations d’Etat social. Bien que la Suisse échappe actuellement largement à ce mouvement, il ne fait aucun doute que les changements fondamentaux intervenus dans la société européenne touchent également cette dernière. Pensons ici au changement démographique – notamment à l’allongement de l’espérance de vie, à la mondialisation avec ses effets sur le marché du travail, à l’importance croissante des dépenses de santé, au clientélisme qui fait souvent de l’Etat un simple prestataire de services, etc…

Sous ces effets, l’Etat social tel qu’il a été érigé pendant plus d’un siècle, se trouve pris dans une nécessité absolue de réformes. Si l’on songe que le nombre d’actifs par rapport à la population va diminuer dramatiquement, que pour la première fois dans toute l’histoire de l’humanité, les familles seront majoritairement composées de quatre générations vivantes dont deux à la retraite ou en quasi-retraite, que l’héritage sera une question entre deux générations inactives, etc… La liste des changements structurels de la société liés particulièrement à l’allongement de la vie est longue.

Il est temps de faire le point.

C’est précisément ce qu’Avenir Suisse a demandé à Olivier MEUWLY, historien de renom, de faire dans un court essai personnel et passionnant. Cet essai est largement basé sur six études publiées par Avenir Suisse entre 2006 et 2010 :

  1. L’or gris. Comment, grâce aux seniors, renforcer l’économie en général et l’avs en particulier, par Marc Comina (2006) ;
  2. Die AHV. Eine Vorsorge mit Alterungsblindheit, par Christina Zenker et Katja Gentinetta (2007) :
  3. Die IV. Eine Krankengeschichte. Wie falsche Anreize, viele Akteure und hohe Ansprüche aus der Invalidenversicherung einen Patienten gemacht haben, par Monica Bütler et Katja Gentinetta (2009) ;
  4. Ergänzungsleistungen. Eine Analyse der Fehlanreize in der Erwerbsphase, bei der Pensionierung und im hoben Alter, par Monica Bütler (2009) ;
  5. Abschied von der Gerechtigkeit. Für eine Neujustierung von Freiheit und Gleichheit im Zeichen der Krise, sous la direction de Katja Gentinetta et Karen Horn (2009)
  6. La cinquième variable, une bande dessinée de Christophe Badoux sur le 2ème pilier et son fonctionnement (2010).

Ces six études démontrent comment les assurances sociales ont été victimes de leur succès et ont fini par subir des dysfonctionnements souvent produits par l’expansion de l’Etat social lui-même. Par les comportements inadéquats qu’elles ont engendrés ou par la mauvaise prise en considération de problèmes survenus plus récemment, comme l’évolution démographique. Ces études ont été utilisées comme matériel de base à la septième publication, intitulée : « les assurances sociales : en révision ».

Celle-ci, confiée à Olivier Meuwly, est composée de trois parties distinctes permettant aux lecteurs de se faire rapidement une opinion à la fois sur l’évolution de la régulation de l’Etat social en Suisse et sur les solutions envisageables pour une sortie de crise prévisible.

Dans une première partie, l’évolution de l’Etat social en Suisse dans une perspective historique sera brièvement décrite, ainsi que les enjeux qui ont présidé aux débats très vifs ayant entouré la naissance de nos assurances sociales.

Dans une deuxième partie, l’évolution récente de l’Etat social sera traitée dans sa progressive dérive, sous la pression d’une foule d’influences, sociales, économiques et politiques. Il sera impossible de dégager les problèmes qui sont peu à peu apparus et qui ont parfois, dans certains secteurs, miné un système patiemment construit.

Dans une dernière partie, quelques jalons qui balisent le chemin escarpé vers des solutions économiques justes et politiquement acceptables pour les assurances sociales, seront posés. Pour de plus amples informations sur ces dernières, ainsi que pour une enquête détaillée sur les processus en cours au sein des principales assurances sociales suisses, le lecteur est renvoyé aux études mentionnées ci-dessus et que vous trouverez sur le Site Interne d’Avenir Suisse.

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Sur l'auteur:
Xavier Comtesse, Directeur Romand, Avenir Suisse

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