En comparaison internationale, les infrastructures de transports suisses sont de très haute qualité. Cet avantage est un atout économique et assurément un élément de la compétitivité internationale de la Suisse. Très étendu et proportionnellement bon marché – au regard de l’offre – le réseau est fortement sollicité par les usagers, suscitant de vives discussions publiques et politiques. Les infrastructures routières et ferroviaires sont surchargées, en tout cas aux heures de pointe. La limite du supportable est outrepassée en certains points névralgiques. Le trafic d’agglomération et les principaux axes entre les agglomérations sont particulièrement touchés. C’est ce qu’avaient démontré le rapport sur les infrastructures de la Confédération et le rapport de la Conférence tripartite sur les agglomérations concernant la compétitivité internationale de la Suisse.
L’évolution démographique et économique a entraîné une augmentation constante du trafic, que ce soit celui des voyageurs ou des marchandises. Les changements d’habitudes, et notamment une séparation toujours plus marquée entre les lieux de vie, de travail et les loisirs, ont encore accru les besoins en mobilité. La tendance vers davantage de trafic va encore se poursuivre, au moins à moyen terme. Les défis à résoudre pour surmonter le volume du trafic dans les agglomérations vont devenir plus aigus. De plus, entre un espace raréfié, des finances serrées et une demande croissante en mobilité, les champs de tensions sont nombreux et particulièrement forts. C’est pourquoi la réalisation de projets de transports bute toujours sur des obstacles élevés.
850 millions pour le fonds d’infrastructure
Les villes sont bien conscientes de ces problèmes, comme le montre un sondage sur les thèmes prioritaires récemment effectué par l’Union des villes suisses auprès de ses membres. La politique des transports est à juste titre un thème central de l’Union des villes suisses. L’association n’a de cesse de s’engager pour une dotation suffisante du fonds d’infrastructure. Durant la dernière session d’été, le Conseil des Etats a adopté un versement unique extraordinaire de 850 millions de francs. Le Conseil national doit se prononcer lors de la session d’automne. Il est extrêmement important d’éviter un manque de liquidités au moment où le trafic va subir une nouvelle augmentation de volume.
Journée des villes consacrée à la mobilité
Hans Werder, secrétaire général du DETEC, a placé l’importance de la politique nationale des transports pour les villes au centre de l’exposé qu’il a tenu lors de la Journée des villes. Assurer des liaisons ferroviaires et routières performantes dans le réseau urbain suisse et vers les grandes métropoles européennes relèvent de la responsabilité de la Confédération. Le réseau ferroviaire national forme la base du RER, lui-même épine dorsale du trafic d’agglomération. Le réseau de routes nationales décharge de son côté les réseaux routiers des villes. Dans les plus grandes agglomérations, la part du trafic local sur les autoroutes atteint jusqu’à 80%. Les villes ont par conséquent grand intérêt à ce que les projets de transports nationaux soient suffisamment financés. Mais ce financement est de plus en plus remis en question par la politique financière restrictive de la Confédération. C’est ainsi que le Conseil fédéral prévoit une base de progression budgétaire de 2% au maximum pour les transports, soit moins que l’augmentation actuelle de trafic. L’Union des villes suisses demande que cette base soit doublée à 4%.
Le professor Ulrich Weidmann, expert en transports de l’EPF de Zurich, a de son côté relevé que les centres urbains n’étaient pas seulement la source de nombreux problèmes, mais aussi le lieu de solutions innovatrices. Exemples: des liaisons rapides en bus, des trains partiellement souterrains, des lignes de trams et même des téléphériques. Il est clair qu’aucune recette miracle n’existe. Les villes doivent chercher leurs propres solutions, taillées à leur mesure.
La «Charte pour une mobilité urbaine durable» vient à point nommé pour renforcer, sur le plan national, le rôle des villes en tant que porteuses d’innovations. Ce texte met l’accent sur les transports publics mais sans nier la nécessaire coexistence avec le trafic motorisé individuel, de même qu’avec le trafic cycliste et piéton. La gestion des différents types de transports occupe une bonne place dans la Charte, qui a déjà été signée par 48 villes et communes urbaines de toutes les régions du pays. La création d’une Conférence sur la mobilité au sein de l’Union des villes suisses, sur la base des principes de la Charte, est en préparation.
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Sur l'auteur:
Roman Widmer, Union des villes suisses, collaborateur scientifique
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Source:
focus 6/10, Union des villes suisses